La vie des cerises…ou comment elles arrivent dans le panier de la cuisine
9 commentaires Publié par Cyril et Matthieu à 14:08Non ? alors si ça vous intéresse, voici en quelques lignes la ô combien passionnante histoire des trois derniers jours de la vie d’une cerise…
Premier jour
La cueillette commence ! Chris, le « lug boy », répartit les pickers dans les rangées de cerisiers (raw) et donne les instructions : pour ce jour c’est strip-picking (on prend toutes les cerises de l’arbre), mais uniquement sur les lug trees (les arbres avec des lugs dessous, qui signalent que les cerises sont assez mures et peuvent donc être cueillies).
Tout le monde s’active, le cerveau oublie le lit et se met à penser dollars, les doigts s’échauffent doucement…et les cerises tombent !! Chaque arbre est différent, y’en a des bien hauts où faut prendre l'echelle, d’autres touts petits, les cerises vont de la taille d’une groseille à celle d’une petite prune, des fois difficiles à détacher, d’autres fois la queue s’en va trop facilement…Ce qui fait qu’on peut faire entre 10 et 30 lugs par jour, chacune faisant environ 15kg de cerises.
Toute la journée, Chris récupère les lugs terminées et les emmène au shed (le hangar). Petite toilette, et après, direct dans la chambre froide !
Les quelques tonnes de cerises y passeront la nuit…
Deuxième jour
Lendemain, 7h. Pendant que les pickers s’activent déjà dans leurs arbres, les packers entrent en jeu. Et les cerises passent en mode…triage !La promenade commence par un petit bain, puis coiffeur (la machine coupe le haut des queues, enlève les feuilles et les bourgeons). Et après, seules les plus belles passent à travers les 70 doigts des packeuses : les pourries, les trop rouges, les sans queues et les abîmées par la pluie finissent à la poubelle…Entre 10 et 50% des cerises ne finiront donc pas dans la bouche du consommateur !
Les heureuses élues sont ensuite séparées par une autre machine en cinq tailles différentes : les plus grosses seront les plus chères.
Au bout de la chaîne, Nicole met les cerises dans les belles boîtes Australian Cherries, ces mêmes boîtes que nous avons plié la veille (15 cents par boîte). Et oui des fois on fait ce genre d'extras, ca nous paye la bouffe.
Tout ça est mis sur palette, emballé par du film plastique, et expédié dans un gros camion…
Direction Sydney et Brisbane, où tout sera vendu le lendemain !!


Troisieme jour
Les cerises seront expédiées ensuite dans toute la région. Certaines sont même exportées à l’international (« overseas »), le cours du dollar australien étant très favorable.
La grande distribution y achète aussi ses cerises, qui seront ensuite stockées quelques jours dans leurs centres logistiques…Il arrive que les cerises se retrouvent 10 jours plus tard sur les étals du Woolworths…de Young ! Woolworths, dont le slogan fièrement arboré sur leurs camions est « fresh food, fresh people »…
Bref, nous on préfère les manger directement sur l’arbre !
Libellés : New South Wales
Après plusieurs day off (jours congé) de suite, et une vague de froid (2° à l'aube), la récolte commence son pic, et la chaleur revient doucement.
D'après le boss, on devrait bosser sans interruption jusqu'à Noël, finir les 4500 arbres qu'il reste dans l'exploitation (on en a fait 2500 pour l'instant)...Comme chantait Abba...Money money money !!
Ici c'est devenu un vrai camp de vacances : les huit français un peu antipathiques sont partis, le boss a installé le trampoline, les flèchettes, la table de ping pong, on teste de nouveaux jeux de cartes...Bref, on bosse, on gagne pas autant de sous que dans certaines grosses fermes (150$/jour en moyenne), mais au moins, l'ambiance est très "friendly" : on a pas l'impression de "gâcher" deux mois à ne faire que gagner des sous !
Donc pour l'instant, on est un peu moins d'une trentaine : une dizaine d'australiens, un douzaine de français, deux québecois, deux anglais et une estonienne. Quelqu'uns sont en van comme nous, mais beaucoup n'ont qu'une tente et leur sac à dos, et voyagent en bus ou en covoiturage...Une autre façon de vivre cette aventure qui doit être très intéressante aussi !
On a donc commencé à mettre en ligne quelques photos dans la nouvelle galerie "Young".
Commencé, car le réseau est saturé par la quantité de travailleurs ici ! donc ne soyez pas surpris, de nouvelles photos arriveront prochainement...
Des photos du camp, des journées de picking, et aussi des soirées organisées. La dernière était pas mal du tout, avec au menu du poisson frais de la côte grillé au barbec', et en habit de soirée...déguisement ! Certains savent combien on aime ça !
Voici le lien pour voir les photos :
http://picasaweb.google.com/vehiron/Young02#
Libellés : New South Wales
Ca y’est, le boulot commence sérieusement !! le camp est plein (15 nouveaux pickers sont arrivés, malheureusement que des français…), les cerisiers sont bien garnis et les cerises bien noires…On est passés de 5 lugs/jours à 10 : on se fait donc 100 dollars par jour, et on espère doubler tout ça rapidement !
En attendant de vous expliquer un peu plus la vie ici, on en profite pour vous parler d’un sujet fondamental : la BOUFFE (qui reste, rappelons le, un de nos besoins primaires, surtout quand on a un estomac demandeur).
A peu près tous les jours quand on est sur la route (pas de frigo…), on a les classiques supermarchés, qui ressemble assez à ce qu’on trouve en France.
Deux grands : Woolworths et Coles, l’équivalent de Carrefour et Auchan. Toute ville a un ou plusieurs de ces supermarchés, entouré de sa galerie commerciale. On trouve souvent ces enseignes cote à cote, concurrence oblige !
La bouffe reste chère, pour certaines choses plus qu’en France (les yaourts on a quasiment oublié), mais il y a plus de possibilités d’y faire des économies : le soir, on peut suivre l’employé qui colle ses « quick sale » sur le pain, la viande…jusqu’à 70% de réduc des fois.
Et puis il y aussi des produits assez inhabituels, et d’autres qu’on avait encore jamais vu : du « lemon butter » par exemple (exactement ce qu’on met sur la tarte au citron, mais la c’est dans un pot de confiture), des confitures à base de gingembre, de noix de macadamia, d’ananas, des fromages avec des fruits tropicaux dedans…Sans oublier l’aliment culte australien : la Vegemite ! un extrait de levure, salé, marron, à l’odeur bizarre…95 % des australiens en mangent régulièrement, sur les toasts du matin, les sandwichs, dans les plats, ou pire, à la cuillère…Si quelqu’un veut tenter, demandez, on vous en enverra une boîte pour Noël !!
On trouve aussi un rayon entier de barres style mars, snickers, etc. mais avec plus d’une cinquantaine de types différents, très créatifs. On peut même les gagner dans les machines qu’on trouve dans les fêtes foraines françaises (mais chez nous c’est des peluches qu’on arrive jamais à attraper).

Parce que manger bien coûte cher, on va dès que possible dans les petits magasins au bord de la route, qui vendent des fruits et légumes qui viennent d’arriver des champs voisins. C’est souvent bon et parfois pas chers du tout. 500g de fraises pour moins de 2€, un kilo de tomates pour environ 50 cents, un ananas à 50 cents…Il y a aussi les autres extrêmes, et là on va voir ailleurs…
T’es sur qu’on cuisine ce midi ?
En Australie, manger en dehors de chez soi revient beaucoup moins cher qu’en France, où le choix est assez limité, entre sandwichs, restaurants ou steak frites chez Macdo…
Dans les centres des grandes villes, les centres commerciaux de périphérie ou de campagne, il est facile de tomber sur des « food courts » : un grand patchwork de 10-15 enseignes de resto rapide avec au centre chaises et tables partagées par tous les clients. Large choix garanti : pizzas, pâtes, kebab, noodles (nouilles), meat pie (tourtes à la viande), wraps, paninis, cuisine indienne, thaï, vietnamienne, chinoise, malaysienne, sandwichs, sushis…et bien sur les traditionnels hamburgers frites (ou fish and chips, toujours pareils mais avec souvent betteraves, ananas ou avocat). On a ainsi plusieurs fois mangé des plats thaï pour 5 $ (environ 3€), voire moins en « heures creuses ».
En dehors de ces food courts, on trouve bien sur des tonnes d’enseignes de bouffe, y compris dans les petites villes et villages. Le MacDo est finalement assez marginal, et a beaucoup plus de concurrents qu’en France.
Un petit resto ce soir ?
De temps en temps, quand on s’autorise une petite folie, il y a les restos… (le dernier était à Brisbane !)
Dans les grandes villes, le choix est très large. L’Australie s’étant largement constitué d’immigrants européens, méditerranéens et asiatiques, les plats sont très diversifiés. On trouve toutes les cuisines du monde : italienne, vietnamienne, thaï, chinoise, fidjienne, mexicaine, japonaise, turque, libanaise, française…
Pour l’instant on a goûté que le malaysien et le grec, mais on attend avec impatience les prochains…Surtout que les prix restent assez raisonnables : dans les bons restaurants, ça dépasse rarement les 25€.
LE repas australien !
Ici, les barbecues sont partout, dans chaque parc public, en ville comme dans le bush, sur les aires de repos, au bord des lacs, de l’océan, dans les jardins…à l’australienne, chacun fait griller sa viande ou ses fruits de mer, le tout agrémenté d’oignons dorés, de salades (souvent à base de coleslaw), et de vin (ou de bière).
Les barbies reflètent bien la conception qu’on les australiens des repas. Pas de chichis, pas besoin d’être bien habillé, pas de déco sur les plats…c’est toujours très détendu et on apprécie !
Mais quand même…on rêve souvent d’une bonne tranche de pain de campagne, avec du vrai fromage tartiné dessus !
Libellés : Zoom sur..
En attendant, on visite un peu la ville, 12000 habitants, ville classique du « country » australien : une grande rue commerciale, un Woolworths, des écoles, une high school, la library et, bien sur, son monument aux morts...
L’ambiance est assez particulière. Difficile d’expliquer, mais ça semble moins accueillant que d’habitude. Peut-être que la présence annuelle de 2500 fruitpickers de toutes les nationalités y est pour quelque chose…
Graham, le boss, vient nous chercher en ville vendredi pour nous donner le plan d’accès. On l’attend avec deux français, Aurore et Richard, qui viennent d’arriver à Young, et qui cherchent justement du boulot. On sera donc au moins quatre français à ramasser les cerises !
L’exploitation est à 10 km du centre, au bout d’une petite dirt road comme on les aime, qui longe les cerisiers. La ferme est toute petite : un hangar avec les machines de nettoyage et de triage, et en face, le camp des pickers, avec barbec’, frigo et congel (le luxe !!), toilettes, douches et machine à laver. Bienvenue le confort !!
Une dizaine de pickers sont déjà là, des australiens habitués, puisqu’ils viennent et reviennent ici depuis 3 ans. Contact hyperfacile, on rit tout le temps et ils te mettent tout de suite à l’aise : à peine dit nos prénoms, me voilà surnommé « cereal, ou special K, ou encore kelloggs » (la prononciation de Cyril et cereal étant très proche…!) Matthieu sera U-tube (on ne sait toujours pas pourquoi), Aurore, encore plus imprononcable que moi, sera Wendy Sunrise, et Richard Dick…Samedi soir, on fait tous ensemble barbec dans le hangar (cadre très original, avec machines et tout derrière), et dimanche, c’est à notre tour de les inviter pour une soirée crêpes.
Nous voilà donc bien installés, tout confort et avec une ambiance très prometteuse. On attend tous maintenant le début de la saison, qui d’après Graham doit commencer Mardi.
Effectivement, comme prévu, on part vers les champs mardi matin à 8h : tous sur la remorque du camion, on est tous aussi excités de commencer. Graham nous explique comment on va travailler et comment cueillir les cerises. La cueillette a l’air technique, puisqu’il faut prendre uniquement la cerise et sa queue, sans séparer les deux et sans arracher les bourgeons qui feront les cerises de l’année prochaine. Et pour les premiers jours, on ne doit prendre que les cerises les plus sombres : ce qu’on appelle du « colour picking ». On cueille tous par deux, chacun faisant un côté de l’arbre, du bas vers le haut, et ainsi de suite jusqu’à ce que la rangée soit terminée. Et à la fin, chaque lug remplie nous rapporte 10 $.
C’est plus technique que physique, en tout cas pour l’instant car la température reste très correcte 27°. Mais on sait que ça peut monter jusqu’à 45°…
On bosse de 10h à 17h, et on n’a fait que 5 lugs chacun : c’est le début, on espère tous progresser rapidement !
Libellés : Au boulot, New South Wales
Comme vous allez le voir, on a plein de choses à dire sur cette ville qui va bientôt fêter ses 100 ans…Pourtant, les « Canberrans » s’accordent pour dire :
- “There is nothing to do in Canberra, ab-so-lu-te-ly NO-THING !!”
Depuis Sydney, l’autoroute traverse des campagnes quasiment vides, une grande plaine avec que des bêêêêê, comprenez des moutons et une densité proche du zéro. Notre première impression à l’entrée est celle d’une ville bien organisée (trop ?), assez tranquille, bien loin de l’effervescence de Sydney. Tout est récent : il faut savoir que lorsque le Parlement a été déplacé de Melbourne en 1927, c’était le seul bâtiment au milieu d’une plaine vide. Aujourd’hui c’est très aéré, le lac Burley Griffin (l’architecte) traverse la ville (où se tiennent plein de mariages le week-end), il y a des parcs partout, les montagnes autour : il y a donc un côté très sympa, mais le manque apparent d’animation pèse un peu.
On traverse l’énorme centre commercial, et ô surprise : une agence Manpower. Recruteraient-ils des bakers ? (ou des town planners ?). Sans grand espoir, on se rend donc au 4e étage. Mitchell nous accueille, pieds nus et en short, en train de finir de manger, et propose à Matthieu :
- “No, but we have work for Monday !”
On se regarde, surpris de cette proposition, en se demandant si finalement on a vraiment envie de travailler ! Après plus de deux mois de vacances, ça demande quand même réflexion !!! On lui dit donc qu’on revient plus tard pour confirmer.
Quand on revient, prêts à travailler, on est accueillis par Laurie (un homme), tout droit sorti de la cage aux folles (imitation Serrault sans la tartine, le geste délicat sous le pantalon comme pour remettre la jupe en se levant de la chaise)… Commence alors le remplissage des papiers pour la registration à Manpower Australia : fiche de renseignements, coordonnées bancaires, taxfile number, instructions diverses, questionnaire pour vérifier qu’on a bien compris les instructions, et en bonus, le visionnage d’un DVD avec test à la clé…N’ayant pas forcément envie de lire un livret de 10 pages d’instructions, on appelle Laurie à la rescousse. Et là, le fou rire commence !!!
Evidemment, c’était la première fois qu’il voyait ça le pauvre…c’est un peu comme si on lui avait mis une tartine entre les mains !! Quand on a lui a dit qu’on avait pas d’adresse en Australie et qu’on dormait dans un campervan, il a explosé de rire, et on l’a suivi ! Le voilà donc à appeler la centrale de Sydney pour savoir quoi faire…
On passe ensuite au questionnaire, en lui disant que ça allait être un peu long de tout lire, traduire et répondre. Très compréhensif, il a compris qu’il n’avait d’autre choix que de répondre à notre place. Comme ça devait être la première fois qu’il enfreignait le règlement, il s’est mis à hurler « Ooooh my Gooood !! » Bref, un playback de film porno hilarant…
Une heure après on sortait, des crampes aux machoires (pour avoir ri bien sur…), et Matthieu prêt au aller au Canberra Stadium lundi matin.
Pour s’occuper le week-end, on décide donc d’aller faire la tournée des musées et des grandes institutions australiennes : Canberra a en effet été conçue pour représenter les symboles de la culture et du peuple australien.
Loin d’être chiant, le National Museum of Australia use de toute la créativité possible pour expliquer la fascinante histoire australienne : des aborigènes à la plus grosse pépite d’or du monde, de la toute petite Sydney Cove à la métropole actuelle, de la première voiture made in Australia aux athlètes du 21e siècle, des premiers cafés grecs au multiculturalisme, tout passe en revue pour une visite qui permet de mieux apprécier et comprendre l’Australie et les australiens : bref, à voir !!
Pareil pour le National Museum of War, qui offre une vraie vision des guerres auxquels les australiens ont participé. Très bien fait, il utilise maquettes, engins réels, objets d’époque, films, sur un vaste espace, et fait voir les guerres sous un autre angle. Dommage que le Musée n’évoque pas plus les millions d’autres morts aux deux grandes guerres, notamment ceux de l’Holocauste, à peine évoquée (pourquoi ?).
Dans la foulée, on est allé voir les ambassades, certaines créatives (celle de Papouasie Nlle Guinée). On a voulu prendre celle de France en photo, et c’est la seule ou un type nous a crié « No photo »…Et là on pense avec humour au slogan « la France, tu l’aimes ou tu la quitte »… On est donc parti visiter l’Old Parliament House, Parlement de 1927 à 1987. Le bâtiment, qui était provisoire, laisse penser que les têtes pensantes australiennes y étaient bien à l’étroit. Rien à voir avec le Parlement actuel, immense et impressionnant : on vous laisse apprécier les photos !
Le weekend passé, l’heure du premier rdv de travail sonne à 7h, ou plutôt 7h20 (ici les employeurs semblent être souvent en retard !). Boulot pas commun : enlever les panneaux publicitaires après le match de la Rugby World Cup, France-Ecosse ! Payé 20 $/h en plus.
De retour à Manpower après le travail fini, on nous propose un autre boulot pour le lendemain, cette fois pour tous les deux. La seule indication : on va poser des barrières, c’est 19$/h…et on doit porter chaussures de sécurité, t-shirt fluo et casquette.
Direction donc BigW pour s’acheter tout ça, ou presque, puisqu’on a oublié les casquettes…
Et quand on s’en rend compte, il est 19h00, tout est fermé !! On va quand même à la piscine près du stade où on nous fait pas payer la douche (ils sont cools ces australiens !).
Une petite idée germe alors dans nos esprits : les seuls trucs ouverts sont les enseignes de resto rapide…Et les employés portent des casquettes ! La tournée des Hungry Jack, Red Rooster etc commence :
- Hi, excuse me…Have you got a cap ?
- Sorry, what ? (le mec qui comprend pas)
- A cap, like this one (en montrant la casquette de l’employé, qui comprend pas et va chercher la supérieure…Quoi, je parle si mal ?)
- How can I help you ?
- I’m looking for a cap like this one ! (on se répète, mais une fois qu’on arrive à faire une phrase on la redit, c’est humain…)
Voilà comment passer pour un clochard, alors que c’est juste pour bosser. Bref, on a donc gagné une superbe casquette « Wokitup ! Noodle bar », notre premier trophée australien, qu’on ramènera en France sans aucun doute…
Le lendemain, on doit bosser à 8h. On sait juste qu’on doit chercher le « group one » d’un chantier de construction, dans les dernières suburbs de Canberra.
Petite aparté sur les suburbs : c’est énorme ! un peu comme en France, des milliers de petites maisons, de rues bien courbes, de petits jardinets bien tondus à la Wysteria Lane…Ceci dit, on sent un plus grand effort architectural, et une légère volonté de différenciation entre voisins. Mais léger…Et donc notre chantier, et bien c’est un énorme lotissement en cours d’aménagement. En France on fait 20 lots à la fois, ici 2000 maisons vont être commercialisées !!
A 8h, on est en poste à l’entrée de ce chantier, et on attend…Encore une fois, le boss arrive en retard…A 9h. Le boulot commence : c’est simple en apparence : poser des plots en béton, y mettre un poteau en métal, et y accrocher une grille entre deux poteaux. Le but : délimiter les secteurs où les engins de chantier ne doivent pas passer (ils pourraient pas mettre de simples rubans !!). Au bout de deux grilles posées, on commence à se dire que ça va être dur, et au bout de cinq, qu’on a envie de tout envoyer chier. C’est physique, il fait chaud, et les barrières sont super chiantes à poser, une fois sur deux ça veut pas s’emboîter car le terrain descend ou elles sont tordues. Et les sujets de discussion des trois autres mecs volent pas plus haut. On a jamais autant entendu dire de « Fuck », « Fuck’in », et autres réjouissances à connotation sexuelle : la grande classe !!Ceci dit, malgré les douleurs aux mains (pas de gants, ils en avaient pas à Wokitup), la pause du midi a duré deux heures au lieu de 30 minutes, à cause de la désorganisation de l’entreprise qui avait oublié d’amener le camion à temps. Mais le mieux dans tout ça, c’est qu’en ayant bossé à peine 5h, le boss a noté qu’on avait bossé 8h !
On a donc dit qu’on nous attendait à Young pour les cherries, on a donc dit qu’on ne pouvait pas retravailler le lendemain.
Mais bon, si on doit bosser on sait qu’à Canberra il y a du boulot en abondance, car, de la bouche des collègues : aucun australien veut venir ici, donc ya plein de boulot !
Canberra n’est donc peut-être une ville où poser ses sacs à dos, mais à voir ne serait ce que pour comprendre l’histoire et la culture des australiens !
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Citées dans n’importe quel guide touristique de l’Australie, ce parc national est aussi recommandé par tous ceux qui en reviennent : on appréhendait donc un peu de se retrouver au milieu d’une nuée de monde, mais finalement rien de tout ça !
Le premier jour, grand beau !
On se dirige donc vers notre première ballade, aux Wentworths Falls, qui longe le flanc des falaises : suspendus au bord du vide, les yeux se promènent entre la Valley of the Waters, en contrebas, et le surplomb rocheux en dessus (pourvu que ça s’éboule pas !) et bien sur le sentier (ce serait con de glisser ou de marcher sur un serpent…)
Le tout se finit par un repas « gastronomique » sous la cascade (toujours le sandwich au thon), à observer les écrevisses dans le bassin…
Ravis, on visite un peu la principale ville du coin, Katoomba, et on se met à la recherche d’un coin où dormir : ce sera à côté du parc municipal : pas d’inscription, si un flic nous réveille on pourra au moins dire qu’on a rien vu d’écrit. Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé !!
Réveil sous un épais brouillard et un froid d’hiver…Le climat habituel des Blue Mountains. On nous dit que normalement il se dissipe dans la matinée, alors on part faire notre ballade, entre Leura Falls et les fameuses Three Sisters. L’ambiance est à la fois sombre et mystérieuse : on marche à travers la forêt, on passe sous plusieurs petites chutes d’eau…Et on croise personne !
On finit par rejoindre le Giant Stairway, qui grimpe droit sur la falaise : près de 900 marches (comptées par Matthieu), au dessus du brouillard qui mènent aux Three Sisters perchées tout en haut de ce fameux escalier… grand moment !
De retour au van, on ne pense qu’à une chose : prendre une douche bien chaude ! Direction la piscine, 10$ mais quel bonheur !!
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Nous voilà partis de la belle Tamworth, Marcel réparé, ou du moins en partie : pour la modique somme de 1000$, on peut rouler en GPL sans avoir a caler lorsque l'on s'arrête aux trafic lights ou autres roundabouts !
Bad news, Jeff, le mecano qui a eu la patience de s'en occuper pendant deux jours (car on a du revenir le lendemain, le van ne démarrant pas en GPL...), nous a gentiment avoué qu'il reste beaucoup de réparations pour remettre Marcel en état...Carrosserie, échappement, fuite d'huile...
L'idée commence donc a trotter dans nos têtes qu'on le vendra peut-être pour s'équiper d'une nouvelle bête plus fiable et mieux équipée pour les longues routes du grand West...
N'empêche, il roule, et nous voilà reparti sur 500 km a travers les "Central Plains" : un vaste pays parfois plat, parfois vallonné, et de plus en plus vert au fur et à mesure qu'on se rapproche de la côte. On traverse le Warrumbungle National Park, aux superbes paysages hérités d'un vieux volcan qui poussait là il y a quelques millions d'années. On voulait s'y arrêter pour faire une grande ballade le lendemain, et puis à force de chercher une aire de camping gratis et sympa, on a parcouru trop de route pour revenir en arrière...Ça nous servira de leçon pour les prochaines fois !!
Aujourd'hui on est à Bathurst, petite ville à 200 km de Sydney, pour faire nos tâches habituelles comme aller sur le net, faire les lessives, et faire cuire au barbec des délicieuses tranches de kangourou !! ici il est midi...l'estomac commence a réclamer un peu d'attention !!!
Pour l'anecdote culturelle, la ville était une des toutes premières fondées en Australie, quand les premiers colons implantés à Sydney et Paramatta partirent à la recherche d'autres terres pour augmenter les ressources agricoles de la toute récente colonie.
Les prochains jours vont être plus intéressants, puisque demain nous partons dans les fameuses Blue Mountains, pour un ou deux jours de ballades en pleine nature !
Mais avant, un délicieux (tout est relatif...) gâteau nous attend, puisque Matthieu fête ses...20 ans !!
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